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Football – Coupe de France : Pascal Vahirua « On défend la Polynésie »

Samedi 11 novembre à 15H, l’équipe de Tefana affrontera Rodez Aveyron au stade Pater, un match couperet comptant pour le 7e tour de la prestigieuse Coupe de France. Le club métropolitain est leader de National 1, la 3e ligue après la Ligue 1 et la Ligue 2, et part favori sur le papier mais Pascal Vahirua souhaite que ses joueurs puissent perturber le jeu de leurs adversaires et, pourquoi pas, gagner.

Laurent Peyrelade, coach de Rodez Aveyron Football

Parole à Laurent Peyrelade, coach de Rodez :

Quelques mots sur la Coupe de France, une compétition qui favorise les échanges ?

« Encore plus lorsque cela se passe très loin de chez nous. Cela nous change des tours que l’on peut faire en métropole. L’idée, c’était d’aller voir ailleurs comment cela se passe, de partager un moment, de vivre une aventure ensemble avec un match au bout. On est pile poil dans l’objectif, après il faut le concrétiser et gagner le match. »

La Coupe de France permet des confrontations d’équipes de niveau différent ?

« Complètement. Notre rêve, si on se qualifie, c’est de pouvoir rencontrer une équipe professionnelle, cela permet de voir ce qui manque, où on peut progresser. Tefana peut avoir cette optique à notre égard, il faut leur demander. Après, en football, tout est possible sur un match, selon le scénario, selon l’implication des deux équipes. Soyons concentrés sur nous, pour continuer notre aventure à nous. »

Le côté « aventure humaine » prend le dessus sur ce déplacement ?

« Oui, on ne reviendra peut être jamais ici. C’est l’occasion de profiter de tout, d’ouvrir les yeux, d’ouvrir les oreilles, de profiter des gens qui nous ont proposé un accueil fantastique. Ce n’est pas forcément le cas tout le temps. On ne le vivra peut être qu’une fois, en tant qu’entraineur ou joueur. Il faut en profiter. »

C’est un peu ça le coaching moderne, le côté « humain » qui semble vous réussir ?

« Je ne sais pas si c’est le coaching moderne, chaque coach a ses méthodes. Chaque coach fonctionne avec son groupe d’une certaine façon. On fonctionne ensemble depuis trois ans. Cela s’inscrit dans l’idée de grandir ensemble. C’est ma façon de voir les choses. »

Vos impressions de la Polynésie ?

« On mange bien, les gens sont d’une extrême gentillesse, hyper prévenants avec nous. Tu as l’impression que tu joues avec des champions. Il fait bon, la plage est belle, il fait chaud. Oui, on est levés un peu tôt et on se couche tôt mais c’est le rythme de l’île, j’adore. Si on pouvait revenir, je crois que je postulerais sans hésiter, on est dépaysés et c’est agréable. »

Vous vous méfiez de Tefana ?

« Oui, bien sûr. Il ne vont pas rentrer sur le terrain pour nous dire « allez, marquez ! ». Ce sera à nous de faire les choses, de les provoquer, d’être acteurs, j’ai envie que cela soit un bon match, que ce soit ouvert, que cela coure dans les deux sens. On doit être surtout concentrés sur ce que l’on doit faire. Si c’est ce que l’on fait, normalement cela devrait passer. »

Pascal Vahirua, conseiller technique à Tefana

Parole à Pascal Vahirua, conseiller technique de Tefana :

Ce match arrive à un moment où Tefana domine un peu moins le football local ?

« Oui, mais pour nous ce match tombe bien car juste après on joue Venus. L’essentiel pour nous, c’est de montrer que malgré le départ de certains joueurs, on reste dans le wagon du haut en championnat. On souhaite y rester le plus longtemps possible. Si on peut gagner ce championnat on le gagnera, il n’y a que le terrain qui pourra nous le prouver. Pour le moment, on est en coupe et en championnat en même temps. On peut rafler les deux comme ne rien rafler, l’essentiel c’est de prendre du plaisir, continuer à travailler comme ça et faire confiance à nos jeunes. »

C’est le résultat d’un travail de fond ?

« Oui. Cela fait une quinzaine d’années que Tefana a des équipes de jeunes, que le travail est fourni par Laurent Heinis, Tetiamana Marmouyet, Xavier Samin…Ce sont des gens qui connaissent le foot, qui font confiance à la jeunesse. Moi qui suis arrivé derrière, je n’ai pu que constater le gros travail fait en amont. J’amène mon expérience, mon exigence acquise en France pour la transmettre aux Polynésiens. Je veux leur dire « allez-y », c’est accessible à une condition, cela se passe dans la tête au niveau mental, au niveau mentalité. Il faut oser partir, on a pas le choix. »

La question de l’hygiène de vie reste un point central ?

« C’est un grand point central. Très grand. L’hygiène de vie, on ne sait pas faire. On sait le faire sur un laps de temps mais on ne sait pas le faire sur le long terme. Il y a des sacrifices à faire sur l’hygiène de vie, sur le sommeil…J’ai pris personnellement quatre kilos en 34 ans. Je faisais 68 kilos avant de partir en France, j’en fais 72. Je fais attention à ce que je mange, à ce que je bois. L’alimentation est importante. A nous Polynésiens de faire ce qu’il faut, que cela soit dans le va’a, le taekwondo ou tout autre sport…On a du mal avec ça mais il faut faire l’effort. »

Cette rencontre avec le leader de National 1 est une chance ?

« Il faut la saisir…non, je dirais plutôt, il faut en profiter au maximum et se focaliser sur ce match là. Il est très important, surtout qu’on joue Venus derrière, cela nous permet de se préparer mentalement, physiquement. On doit montrer nos qualités de footballeurs, ce que l’on est avant tout. On veut prouver qu’on sait jouer aussi et pas que en défense. On est prêts. »

Que dire aux joueurs qui vont jouer une équipe plus forte sur le papier ?

« Il faut être prêts physiquement, tactiquement on est prêts aussi, mentalement il va falloir tenir parce qu’on va prendre des coups, il va falloir répondre aussi, il va falloir être surtout calmes et avoir de la maitrise, en donnant le maximum de ce qu’on a à donner, pour ne rien regretter. Pour ne rien regretter. »

Tefana a un bagage d’expérience internationale appréciable ?

« Le bagage est là, l’accumulation d’épreuves internationales nous a permis de gravir des échelons mais il nous manque ce petit flambeau…Tefana a déjà gagné en métropole en Coupe de France, on aimerait gagner en Coupe de France ici à Tahiti, pourquoi pas. C’est aussi ça la magie de la Coupe de France, elle offre des surprises. Aux petits clubs de prouver de quoi ils sont capables. »

Un appel au public ?

« J’espère que le public viendra nombreux. On ne défend pas Tefana dans ce cas là, on défend la Polynésie. La Polynésie doit être défendue en venant au stade, pas seulement en paroles. A nous de montrer qu’on est capable de faire du jeu et de marquer des buts, de perturber les équipes adverses lorsqu’elle viennent ici. » Propos recueillis par SB / FTF

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