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Football – Coupe de France : François LETEXIER, une pointure au sifflet

M. LETEXIER, lors d'un match à Geoffroy Guichard, l'antre des verts de l'AS Saint-Etienne ©LesChroniquesdesVerts

Samedi 11 novembre, dans le cadre du 7ème tour de la Coupe de France, les joueurs de l’AS Tefana et le Rodez Aveyron Football auront le privilège d’avoir pour arbitre un professionnel.

A 28 ans, François LETEXIER est, depuis 2016, le plus jeune à officier en Ligue 1 CONFORAMA, le championnat élite du football en français. Avant de prendre l’avion pour Tahiti le weekend dernier, l’arbitre originaire de l’Ille-et-Vilaine était aux commandes du match de Ligue 1 CONFORAMA entre le Lille OSC et l’Olympique de Marseille qui s’est tenu le dimanche 29 octobre, au Stade Pierre Mauroy. Cette rencontre s’était soldée par une courte victoire (0-1) de l’équipe visiteuse.

François LETEXIER est également arbitre international FIFA et compte plusieurs matches dans les compétitions jeunes sur la scène européenne telles que la « Youth League », la ligue des champions des équipes U-19 des clubs européens, ou encore les qualifications pour le championnat d’Europe des nations U-19 et U-21.

Entre 2 séances d’entraînements, le jeune homme très terre à terre a bien voulu nous en dire un peu plus sur son parcours et sa vision de l’arbitrage.

Bonjour François, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

« J’ai 28 ans, mon activité principale c’est l’arbitrage. Je suis arbitre central dans le championnat de France de Ligue 1 depuis près de 2 ans et en parallèle j’exerce la fonction d’huissier de justice. »

Depuis combien de temps arbitrez-vous ?

M. François LETEXIER a été désigné par la FFF pour arbitrer le 7ème tour de la Coupe de France entre l’AS Tefana et le Rodez Aveyron Football ce samedi 11 novembre au stade Pater ©KK/FTF

« J’ai commencé l’arbitrage à 13 ans, ça fait donc 15 ans que j’arbitre aujourd’hui. »

Quelle sont les raisons qui vous ont poussé à devenir arbitre ? Est-ce que vous avez un mentor, un modèle ?

« Au début ce n’était pas forcément un pari sur le futur, c’était pour découvrir et je ne me doutais pas que j’allais faire 15 ans d’arbitrage. Ce qui m‘a poussé vers l’arbitrage, c’était l’envie de découvrir cette autre facette du football.

Comme la plupart des jeunes, j’ai commencé le foot en tant que joueur et puis il y avait cet aspect prise de décision, prise de responsabilité qui m’attirait dans l’arbitrage et puis j’ai voulu essayer tout simplement. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’arbitrage ?

« Je trouve que l’arbitrage est plein de nuances, il y a plein de différents aspects à prendre en compte mais moi, ce qui me plaît le plus dans l’arbitrage, c’est l’aspect humain. C’est le fait qu’au cœur de notre activité, on a des hommes, joueurs et staff, et qu’il faut apprendre à les manager et à les gérer. Tout cela fait qu’on exerce une activité qui n’est pas routinière, ça change tout le temps et cette relation à l’autre est super intéressante. »

Est-ce que vous avez un mentor, un modèle ?

« Non je n’ai pas vraiment de mentor. Aujourd’hui on s’inspire forcément des collègues, on tire certaines choses de l’un et d’autres d’un autre collègue. Pour créer sa propre personnalité il faut pouvoir s’inspirer des autres tout en gardant son cap, sa manière d’aborder les matches et le management des équipes. »

Vous devez jongler entre votre profession et l’arbitrage, est-ce difficile d’allier les 2 ? Pouvez-vous nous décrire votre emploi du temps hebdomadaire type ?

« Depuis l’an dernier, on a une professionnalisation de l’arbitrage en France. Ce qui nous a amené cette saison à avoir 15 arbitres centraux et 10 assistants qui ont signé un contrat de professionnalisation avec la Fédération française de Football. Ce contrat prévoit 22 semaines lors desquelles nous sommes tous réunis à Clairefontaine pour passer du temps ensemble et pour faire des formations techniques et physiques notamment.

Mon programme dépend donc de ces semaines de rassemblement. Quand je suis à Clairefontaine, je ne suis pas à la maison et je ne peux exercer mon autre profession. C’est la raison pour laquelle je vous disais qu’aujourd’hui, l’arbitrage est mon activité principale.

Quand je ne suis pas à Clairefontaine, effectivement je concilie l’arbitrage avec mon activité d’huissier parce que je pense qu’il est important de garder une activité « normale ». Pour moi le foot reste extraordinaire et garder une activité ordinaire est un facilitateur de performance. Je me dis que c’est plus facile de passer à autre chose, plus facile de digérer une erreur lorsqu’elle est commise.

Selon moi, la clé de la performance c’est l’équilibre. Il faut trouver un équilibre entre l’arbitrage, ma profession et l’aspect familial. Il faut être bien humainement pour être performant sur le terrain. »

Vous êtes en Polynésie française depuis quelques jours, un mot sur votre séjour ici ?

« Ça se passe très bien. Il a juste fallu récupérer du décalage horaire (rires). C’est un endroit fantastique mais malheureusement je n’ai pas trop le temps de visiter car je dois m’entraîner. »

Quelle est votre fréquence d’entraînement ?

« Je fais à minima une séance par jour mais j’ai déjà doublé les séances depuis mon arrivée. »

Est-ce que vous avez pu rencontrer les arbitres polynésiens avec qui vous allez faire équipe ce samedi ?

« Oui j’ai rencontré Kader ZITOUNI avec qui je m’entraîne tous les matins et qui sera 4ème officiel puis j’ai également fait connaissance avec Aurélien PLANCHAIS et Kyle AH LO qui seront mes 2 assistants samedi. Ça s’est bien passé, vous savez l’arbitrage c’est comme une famille où les membres sont solidaires entre eux. Depuis mardi, je m’entraîne avec Kader tous les matins.

Le but de ce déplacement en Polynésie dans le cadre de la Coupe de France, c’est aussi de pouvoir côtoyer les arbitres locaux afin qu’il y ait un partage d’expérience. »

On sait que les arbitres sont souvent victimes d’agressions verbales et parfois physiques, avez-vous déjà été confronté à ce genre de problèmes au cours de votre jeune carrière ?

« Oui malheureusement, on a de plus en plus de cas d’agressions physiques, des agressions verbales un peu plus encore. Le monde du football amateur est forcément le plus touché. Dans le monde pro, on est quand même protégé notamment au niveau des agressions physiques mais les agressions verbales malheureusement on n’y échappe pas non plus.

C’est toujours un phénomène qui est condamnable et il faut forcément lutter contre ça.  Si on veut pouvoir attirer de nouveaux jeunes et leur montrer que l’arbitrage c’est une activité qui est une vraie école de la vie, il faut que ces jeunes-là puissent être épargnés et qu’on leur laisse le temps de grandir.

Je pense que les traumatismes que l’on peut vivre quand on est jeune arbitre peuvent soit, nous dégouter totalement de l’arbitrage soit, nous empêcher d’en profiter complètement et découvrir à quel point c’est une école de la vie. Plus on éradiquera la violence et plus on facilitera le recrutement de jeunes arbitres. »

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’arbitre ?

« Mon premier match de Ligue 1. »

Votre pire souvenir ?

« Toutes les erreurs que j’ai pu commettre et que je continuerai à commettre sont toujours des mauvais souvenirs ! » (rires)

Quelles sont vos ambitions au niveau arbitrage ?

« Mon objectif c’est de continuer à progresser. Je suis jeune arbitre de Ligue 1 et jeune arbitre FIFA, j’ai encore beaucoup à apprendre. Je dois continuer à travailler les détails parce que l’excellence, c’est justement cette recherche perpétuelle du détail, de ce qui fera la différence. Je suis dans cette logique-là de vouloir tout travailler pour être performant. » 

Une dernière question, sur le plan personnel, pouvez-vous nous dire ce que l’arbitrage vous a apporté ?

« Venir en Polynésie ! (rires) L’arbitrage c’est une vraie école de la vie, on prend des responsabilités très tôt, on apprend à gérer des gens parfois plus âgés que nous et parfois ce sont des stars mondiales du football.

On est aussi des sportifs avec un fort esprit de compétition. Par exemple moi, mon but c’est d’être le meilleur possible, être meilleur que mes collègues.

 Il y aussi le fait qu’avec l’arbitrage, on vit des moments qu’on n’aurait pas pu vivre autrement. On est en quelque sorte des « hommes ordinaires dans un milieu extraordinaire » et ça c’est fabuleux à vivre. »

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