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Kader ZITOUNI, l’intégration par le sport

Kader Zitouni, âgé de 33 ans, est originaire de Limoges, France. Il est arrivé en Polynésie, il y a 5 ans.

Il a officié durant 14 ans en France en tant qu’arbitre. Il a poursuivi sa carrière en Polynésie, ce qui lui a permis de découvrir le niveau international.

Comme la sélection de Tahiti Nui U17, il participe au tournoi éliminatoire de la région océanienne qui se tiendra aux Samoa Américaines.

 

FTF.pf a souhaité lui donner la parole pour qu’il nous explique son parcours et comment il a pu s’intégrer à la vie polynésienne.

 

Pourrais-tu nous retracer ton parcours en tant qu’arbitre?

J’ai commencé l’arbitrage à l’âge de 15 ans. J’ai débuté ma carrière en France, à Limoges, ma ville natale. J’ai arbitré 14 ans en France.

J’ai gravit tous les échelons jusqu’en CFA. La CFA réunit les 200 meilleurs arbitres de France sur les 28 000 enregistrés.

Par la suite, je suis redescendu 1 an en CFA 2. C’est à partir de là que je me suis reconcentré sur ma carrière professionnelle.

J’ai alors décidé de partir de la France, j’ai eu une opportunité dans mon domaine professionnel à savoir le secteur bancaire à Tahiti.

Dès que je suis arrivé, j’ai repris l’arbitrage pour me faire des amis. Je me suis rapidement pris au jeu. On m’a rapidement fait arbitrer. Une semaine après mon arrivée, j’officias en 2 division.

Puis, on m’a fait confiance et j’ai pu arbitrer en 1ère division.

En Janvier 2012, je suis nommé arbitre FIFA Tahitien.

 

Comment s’est passée la transition entre l’arbitrage français et l’arbitrage polynésien ?

Le football est universel. Le football est mondial. Il existe quelques divergences de règlement entre la France et la FIFA.

Mais tout c’est vraiment bien passé. Nous sommes des êtres humains. Le règlement est le même pour tout le monde.

Je savais que je m’intégrerai facilement. J’ai pu le confirmer à Tahiti.

OFC U-20 Championship, Fiji v Papua New Guinea, Centre Park Mangere, Thursday 21st April 2011. Photo: Shane Wenzlick

J’ai pu m’intégrer professionnellement et je me suis rapidement intégré aussi bien avec les joueurs tahitiens qu’avec les arbitres tahitiens.

Depuis maintenant 5 ans à Tahiti, tous les matchs se sont bien passés, aucun match arrêté, quelques matchs chauds mais pour l’instant tout va bien.

 

Tu évoques l’intégration comment le sport arrive à véhiculer ce type de valeur ?

Ce qui est très important, c’est qu’il faut avant tout respecter les joueurs, les bénévoles. Il faut respecter tout le monde.

Nous les arbitres, on est au service du jeu. On est la pour faire respecter le règlement. Que le meilleur gagne, pour ma part, j’avais le défaut d’un peu trop parler aux joueurs, mais cela m’a permis de me faire connaître.

J’ai pu faire comprendre aux joueurs que j’étais passionné par le foot comme eux et que j’étais là pour faire en sorte de faire le moins d’erreurs possible mais qu’il est impossible de faire un match sans erreur.

Force est de constater qu’après 5 ans, que les joueurs m’ont accepté et que tout ne se passe pas trop mal.

 

Lors de ton arrivée en Polynésie, qu’as-tu pensé du niveau du football polynésien et de son arbitrage ?

Le niveau footballistique, je l’estime au niveau 4e division française voire 3e division avec l’équipe de Dragon ces dernières années, Tefana est très bien structuré, Pirae également l’année dernière avec des joueurs comme Marama, Naea.

Pour moi, ces clubs sont d’un niveau de 3e division. Les autres équipes sont d’un niveau CFA 2 voire d’un niveau régional.

Le niveau de l’arbitrage est bien moins structuré qu’en France. Il y a moins de formateurs donc moins de formations.

Cela n’a rien à voir. C’est d’un niveau amateur.

Alors qu’en France, depuis plus de 10 ans, ils ont fait l’effort de le développer. Il y a une compétition, des écoles d’arbitrage. Au lycée, à l’instar du football, on peut suivre une filière arbitrage.

Nous avons beaucoup à faire au plan polynésien, la marge de progression est énorme.

 

Depuis que tu arbitres en Polynésie, tu as pu participer à différents tournois au niveau international, peut-tu nous les retracer et nous donner tes impressions ?

Mon 1er tournoi était en Février 2011, c’était la Coupe du Pacifique en Nouvelle Zélande.

C’était magique, j’ai fais mon premier match international.

Petite anecdote que je n’oublierai jamais, première fois que je mets un carton rouge au bout d’une minute et 2 secondes.

Tout le monde s’est tourné vers moi et s’est demandé c’est qui celui la. Je sors un carton rouge qui était évident, j’avais un doute mais je l’ai mis quand même.

Par la suite je visionne le ralenti qui me donne raison. Voilà comment cela a commencé.

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Ensuite, j’ai fais les Jeux du Pacifique à Nouméa en 2011. C’était une superbe expérience.

En 2012, j’ai fais la Nation’s Cup que Tahiti a remporté. C’était vraiment top.

Nous avons pu assister à la finale. On a fait la fête avec les joueurs ensuite. C’était vraiment une très belle expérience.

Puis j’ai participé aux matchs de Champion’s League, la O League.

En 2013, on me fait à nouveau confiance, j’ai été remplaçant à la Coupe du Monde U17 aux Emirats Arabes Unis avec Norbert Hauata.

Toujours la même année, je fais une demi finale de la O League.

En 2014, j’ai fait les Jeux Olympiques de la jeunesse en Chine. Ce qui était super, c’est qu’en 2010, c’était Norbert, 4 ans plus tard, la Polynésie était encore présente.

 

Tu pars pour le tournoi éliminatoire de la Coupe du Monde U17 aux American Samoa, comment abordes-tu cet événement, comment t’es-tu préparé ?

J’aborde cet événement avec moins de pression qu’auparavant. Depuis 2011, j’ai une certaine expérience, je connais bien le pacifique.

J’ai fais toutes les compétitions existantes. Je pars donc avec beaucoup moins de pression.

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Par contre, lors d’un séminaire FIFA au moins de Novembre 2014, nous avons appris de nouvelles technique d’arbitrage et une nouvelle façon de se déplacer sur le terrain. Je vais donc tenter de mettre en application tout ce que j’ai appris.

Le foot évolue, l’arbitrage évolue en fonction du jeu, je vais faire de mon mieux pour faire le plus de matchs possibles pour satisfaire les instances internationales.

 

Quelles sont les difficultés ou les fléaux contre lesquelles il faut lutter ?

L’arbitrage est un métier ingrat, il faut l’avouer. Il y a 2 équipes qui veulent gagner et nous sommes au milieu. On doit faire en sorte que tout se passe bien.

Il faut être très fort. Le public et les joueurs ne nous aident pas forcément.

On leur explique mais c’est le sport et le sport transforme tout le monde et c’est parfois difficile de se contenir.

Mais, on pourrait être beaucoup plus aidé par le public, les joueurs et les dirigeants.

Mais, on connaît le foot et ses enjeux, certaines personnes pètent un câble et nous sommes les premiers acteurs à en pâtir, ce n’est pas évident et il faut rester solide, costaud et il faut faire preuve de pédagogie, de philosophie.

Il faut être costaud mentalement.

 

Aurais-tu des conseils à donner aux jeunes qui arrivent dans le football ou bien dans l’arbitrage ?

Oui, ce qui est important c’est la rigueur et le travail. Aujourd’hui, ce que je peux dire c’est que depuis que j’ai 15 ans, l’arbitrage est une école de la vie.

Il faut bosser, il faut s’entrainer. Il faut être rigoureux. Les joueurs s’entrainent toute la semaine, les arbitres doivent le faire également.

Le haut niveau, ça se mérite. C’est du travail et beaucoup de sacrifices. C’est du sérieux, on ne peut pas faire la fête tous les week-ends. Ce n’est pas possible.

Après, il faut être patient. J’ai attendu plus de 15 ans avant de vivre mes expériences à l’international. Il faut être patient et tôt ou tard, le travail paie

 

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