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Christophe Jamoneau, un éducateur investi

Christophe Jamoneau est responsable du football sur l’île de Nuku Hiva. Il est tombé amoureux des marquises. Il s’occupe tout particulièrement du football jeune.

Depuis maintenant 10 ans, il organise chaque année un déplacement pour les jeunes de Nuku Hiva sur Tahiti. En 2013, il a même envoyé ses jeunes au Brésil.

FTF.pf souhaitait donner la parole à un éducateur vraiment investit dans le football.

 

Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Christophe Jamoneau, je suis arrivé en Polynésie en 1994 puis je me suis installé à Nuku Hiva il y a bientôt 18 ans.

Je suis laborantin à l’hôpital de Nuku Hiva. Au niveau sport, je m’occupe du football sur cette île et plus particulièrement du football jeune.

Combien de licenciés jeunes sur Nuku Hiva ?

Cette année, on regroupe toutes les 3 semaines entre 80 et 90 jeunes dans les catégories U7, U9, U11, U13 et U15.

Est-ce que les filles jouent également au foot ?

On avait plusieurs filles qui pratiquaient le foot, il y a 2-3 ans. Nous avions une quinzaine de pratiquantes. Malheureusement, après quelques années, elles ont quitté le foot. Sur les 80 à 90 jeunes regroupés nous avons actuellement 5 filles.

Pratiquez vous également le Futsal ?

Pour ma part, je suis plus axé sur l’activité football mais depuis quelques mois le Futsal se met en place sur Nuku Hiva.

As-tu suivis des formations auprès de la FTF ou bien ailleurs ?

Je suis arrivé de métropole, j’ai été d’abord joueur.

Par la suite, j’ai suivi les cursus de formation proposés en Polynésie. J’ai passé tous les diplômes jusqu’au brevet d’Etat 1er degré que j’ai obtenu il y a 3 ans.

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Quelle est la place du sport aux marquises ?

Je ne vais pas parler de toutes les marquises.

Sur Nuku Hiva, il y a une belle dynamique du sport en général et le foot en fait parti. Sur Nuku Hiva, nous avons 4 clubs de foot, le Futsal vient de s’implanter.

Avec 4 clubs de foot pour une population de 3 000 habitants avec des écoles de foot avec 90 jeunes, je pense que l’on a un taux de couverture assez intéressant.

Chaque année, tu organises un déplacement d’un groupe de jeunes sur Tahiti, quels sont les objectifs de ces déplacements ?

Effectivement, nous nous efforçons de pérenniser ces déplacements de ces jeunes de différentes catégories sur Tahiti.

Cela se fait dans différents contextes, comme des tests, des échanges entre des clubs des marquises et ceux de Tahiti ou bien encore de la section sportive du collège.

Les objectifs sont nombreux, heureusement, car ces déplacements représentent un coût important et donc la finalité est de responsabiliser les enfants dans leur travail pour qu’ils puissent venir sur Tahiti.

On a 4 clubs c’est beaucoup pour 3 000 habitants mais c’est également peu pour faire une compétition.

Donc cela représente une opportunité pour les joueurs et les jeunes qui jouent de pouvoir sortir.

Il y a également un échange culturel car nous venons avec un spectacle marquisien.

Ce type de déplacement permet également aux jeunes de mieux appréhender leur venue sur Tahiti quand ils seront plus grands.

C’est une nécessité de sortir de son île pour s’ouvrir.

En effet, ces jeunes sont amenés à venir sur Tahiti pour leur scolarité ?

Le cursus scolaire fait que pour les meilleurs, et c’est ce que l’on souhaite, viennent sur Tahiti.

Sportivement, nous nous organisons pour que l’on ait le même cursus. C’est pour cela qu’avec les clubs de Nuku Hiva, le district de Nuku Hiva nous travaillons avec des clubs de Tahiti et la fédération pour offrir aux jeunes le meilleur cursus d’un point de vue sportif.

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Que penses tu des réformes qui vont être mises en place, notamment chez les jeunes (effectif réduit, diversité des pratiques…) ?

J’ai eu la chance de participer à cette réunion d’information qui fait suite à la visite de François Blaquart et de son constat sur notre football jeune.

Forcément, nous allons devoir évoluer dans notre façon d’agir et de la manière dont nous encadrons les jeunes.

Penses-tu que la FTF se préoccupe assez des adhérents des îles ?

Les îles sont très largement prises en considération par la FTF, c’est indéniable.

Après, les îles font également d’importants efforts. En tant que responsable de club, nous devons gérer des budgets importants et cela devient de plus en plus difficile.

Je pense qu’il faudrait aussi se pencher davantage sur le football jeune dans les îles.

Au niveau des séniors, nous avons une magnifique compétition avec le Festival des îles. Maintenant, si possible sans trop impacter les budgets, on devrait réfléchir à mettre en œuvre le même type de compétition pour les jeunes ce serait bien pour eux.

A propos du Festival des Îles, les Marquises ont remportés le tournoi de football ces 3 dernières années, c’est parti pour continuer ?

Bien évidemment, ici aux Marquises, on est toujours très content quand un club marquisien l’emporte, en l’occurrence l’AS Saint Etienne de Ua Pou a gagné les 3 dernières éditions.

En tant que marquisien, nous souhaitons conserver ce titre.

Mais nous en tant qu’habitant de Nuku Hiva, on va tout faire pour que ce soit Jeunesse Marquisienne qui gagne cette année.

Comment vous organisez-vous pour ce déplacement ?

C’est une organisation très lourde, à la hauteur de l’événement. C’est un déplacement que l’on est obligé de préparer durant toute une année en terme de budget.

Pour indication, nous devrions avoir besoin de 1,3 millions pour l’édition 2015 en grande majorité pour le transport aérien et les petites dépenses diverses.

C’est un budget important pour les petits clubs des îles. Chacun se débrouille avec les aides qu’il peut avoir, c’est beaucoup de débrouille avec des ventes de plats, des kermesses…

Aurais-tu un message à adresser à nos amis des îles ?

Que le sport continue à vivre et se développer dans les îles, il faut s’accrocher et ne pas rester à la traine des innovations technologiques.

C’est vital de prendre le bon wagon pour éviter de décrocher d’un point de vue sportif.

Le sport véhicule beaucoup de valeurs notamment d’intégration, de respect, qu’en penses-tu ?

Effectivement le sport et le football notamment en tant que sport collectif véhicule des valeurs importantes.

Des valeurs telles que la solidarité, le respect et l’intégration. Par exemple, on doit se serrer les coudes pour pouvoir venir au Festival, cela renforce les liens sociaux au niveau du village et pour les jeunes cela donne un objectif à atteindre.

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