FTF.PF > Actualités > A la Une > Arbitrage – Rahiti Duplaix: « Me donner au maximum pour atteindre le maximum »

Arbitrage – Rahiti Duplaix: « Me donner au maximum pour atteindre le maximum »

Certains rêvent de devenir footballeurs professionnels et d’autres rêvent de devenir arbitres. C’est le cas de Rahiti DUPLAIX, un jeune polynésien de Moorea qui, à 15 ans, a fait le choix de partir en France pour parfaire sa formation d’arbitre. Rencontre avec ce passionné de football et d’arbitrage.

Jeune footballeur passionné d’arbitrage, Rahiti DUPLAIX s’est exilé à Strasbourg il y a 2 ans pour se donner les moyens de réaliser son rêve : arbitrer au haut niveau.

Après avoir intégré le Lycée Jean MONNET et sa section sportive football affiliée à l’arbitrage, le jeune homme a pu suivre un cursus scolaire général tout en se perfectionnant à l’arbitrage. Il a ensuite obtenu son baccalauréat avec mention et arbitré de nombreux matches à l’échelle régionale.

Le jeune arbitre à l’écoute des conseils de son aîné. Crédit photo: KK/FTF

Aujourd’hui, le jeune polynésien poursuit ses études à l’Université de Strasbourg. Inscrit dans la filière « Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives » (STAPS), il vient de réussir ses examens et d’être admis en seconde année.

En parallèle de sa première année à la fac, Rahiti a pu officier en tant qu’arbitre au centre dans la catégorie des U-17 nationaux et préparer le concours de Jeune Arbitre de la Fédération Française de Football.

Actuellement en vacances sur le Fenua pour se ressourcer en famille, Rahiti reste cependant concentré sur ses objectifs s’entraînant quotidiennement. L’arbitre international polynésien Kader ZITOUNI l’a pris sous son aile depuis son retour et lui prodigue de nombreux conseils au travers de séances d’entrainement physique poussées.

Nous l’avons rencontré au cours d’un de ces entraînement avec Kader et le jeune arbitre a bien voulu répondre à nos questions entre une séance de vitesse et une séance gainage.

 

  • Rahiti, peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Rahiti DUPLAIX, j’ai 18 ans et je suis né à Papeete. J’ai commencé le football en tant que joueur dans la catégorie débutants et j’ai joué jusqu’en U-15 à Moorea dans l’équipe de Tiare Tahiti.

J’étais en première S au Lycée Pomare IV puis je suis parti en France en 2015. J’ai intégré le Lycée Jean MONNET à Strasbourg où j’ai fait ma terminale S et passé mon bac. Et depuis la rentrée 2016/2017 je suis en Licence STAPS à l’Université de Strasbourg. »

  • Depuis combien de temps arbitres-tu et à quel niveau ?

« J’ai commencé l’arbitrage fin 2014 et officiellement début 2015 avec les formations qui étaient dispensées à la FTF. Aujourd’hui ça va faire trois ans que je suis dans l’arbitrage. Cette année j’arbitre en U-17 nationaux, c’est un championnat qui regroupe notamment les centres de formation des équipes professionnelles françaises. »

  • Quelle est la raison qui t’as poussé à devenir arbitre ?

« J’ai arrêté le football en tant que joueur en U-15 et du coup pendant une saison j’ai arrêté le football totalement. Sauf que le football ça me plaît parce que j’en fais depuis que je suis tout petit mais l’idée de reprendre en tant que joueur ne me plaisait pas trop.  Je suis tombé par hasard sur l’arbitrage, on m’en a parlé et on m’a dit qu’il y avait des formations qui existaient. Je suis rentré dedans, ça m’a plu et aujourd’hui j’y suis encore et ça me plaît toujours autant. »

  • Qu’est-ce que tu aimes dans l’arbitrage ?

« L’arbitrage permet de faire du football autrement qu’en étant joueur. Et aussi, ce que j’aime bien dans l’arbitrage c’est que ça permet d’aller toucher du haut niveau plus rapidement. Il y’a de la concurrence dans l’arbitrage, surtout en France, mais moins que chez les joueurs. Les arbitres sont beaucoup moins nombreux que les joueurs et du coup ça permet d’accéder au haut niveau plus facilement.

Dans un match il y a également le fait de sentir que tu es utile et que tu es au service des autres et c’est ça que j’aime bien. »

  • As-tu déjà rencontré des arbitres de haut niveau ?

« Oui, vu que je suis en Alsace, j’ai la chance de côtoyer assez régulièrement des arbitres qui évoluent en Ligue 1 comme Matthieu LOMBARD par exemple qui est mon Conseiller Technique Régional en Arbitrage. C’est un peu celui qui s’occupe de moi en Alsace pour tout ce qui attrait à l’arbitrage, c’est comme mon « coach », mon référent avec qui j’échange régulièrement. J’ai également rencontré d’autres arbitres de Ligue 1 comme Franck SCHNEIDER, Benoît BASTIEN, Pascal FRITZ et Alain SARS. »

  • Peux-tu nous dire comment devient-on arbitre officiel ?

« Alors je vais vous parler de mon expérience personnelle. Il suffit d’aller à la FTF et dire que tu es intéressé par l’arbitrage. Ensuite la Commission Fédérale de l’Arbitrage (CFA) va te proposer des formations qui ont lieu chaque semaine, les mardi et mercredi au Centre Technique. Il suffit de contacter le Président de la CFA, Raimana TAUOTAHA, et il s’occupera de tout. »

  • Après 3 saisons de pratique, quel est ton premier bilan et qu’est ce qui te motive ?

« Je trouve que j’ai progressé assez rapidement et je pense que c’est dû au fait que j’ai quitté Tahiti tôt pour pouvoir intégrer dès ma terminale une section sportive affiliée à l’arbitrage.

Pour comparer, c’est un peu la même chose que la section sportive de football du Lycée Taaone sauf qu’à la place des entraînements de football, on apprend les lois du jeu, on a des séances physiques pour s’entraîner et on apprend aussi tout ce qui est technique d’arbitrage (placement, déplacements, maniabilité du coup de sifflet) et management des joueurs. »

  • Existe-t-il un concours officiel pour être arbitre au haut niveau ?

« Nous étions 4 en section sportive arbitrage, regroupés à la section sportive football du Lycée. Et sur les 4 nous sommes 2 à avoir passé le concours de la Fédération Française de Football : Jeune Arbitre Fédéral (JFA). Ça se passe en 2 étapes, il y a d’abord l’épreuve théorique qui comprend un questionnaire et 2 dissertations. Il faut obtenir les minimas pour être accepté à l’épreuve pratique.

Pour la pratique, un évaluateur de la FFF vient nous observer pendant 3 matches et nous attribue une note. Il s’agit d’un concours et la FFF fixe les quotas. Par exemple si la FFF ouvre 30 postes, les 30 premiers sont retenus.

Pour ma part, j’ai passé cette année l’épreuve théorique. Nous étions 80 à passer l’épreuve et j’ai fini 3ème. Désormais la prochaine étape, c’est l’épreuve pratique, je vais donc être observé au cours de la prochaine saison en U-17 nationaux et je connaîtrai ma note et mon classement à l’issue de la saison. »

  • Quel est ton meilleur et ton pire souvenir en tant qu’arbitre ?

« Pire souvenir ? Je n’en ai pas qui me vienne à l’esprit. Je ne vais pas dire que dans l’arbitrage tout est beau, tout est rose mais non, je n’ai pas de pire souvenir. Ce ne sont que des expériences qui t’apportent quelque chose et te font grandir.

Par contre mon meilleur souvenir, c’est quand on m’a proposé d’assister à la finale de la Coupe de la Ligue, PSG-Lille, en 2016. Mais je n’ai pas simplement eu l’occasion de voir le match car cela rentrait dans une opération lancée par La Poste qui a invité un arbitre de chaque section sportive de France affiliée à l’arbitrage.

Dans ma section c’est moi qui ai eu la chance d’y aller. On était tous logés au même hôtel, on est ensuite allés tous ensemble au Stade de France où nous avons eu l’occasion d’aller sur la pelouse juste avant l’échauffement des équipes. Là le Président de la CFA de la FFF nous a remis à chacun un maillot des arbitres de la finale avec la date et le match brodés dessus. Etre au milieu de la pelouse et voir le Stade de France plein reste un moment fort. »

  • Quelles vont être tes futures ambitions au niveau arbitrage ?

« Sur la saison qui arrive, c’est de réussir le concours de JFA et après je n’ai pas vraiment d’ambition fixe. Je vais me donner au maximum pour atteindre le maximum et je me fixerai des objectifs en fonction de l’évolution des choses. Bien sûr, à long terme, ce sera, pourquoi pas, d’être arbitre FIFA et évoluer sur la scène internationale comme Kader ZITOUNI et Norbert HAUATA. Il y a également la Coupe du Monde mais ce n’est pas l’ambition fixée aujourd’hui. Là, mon objectif c’est me donner à fond et progresser au fur et à mesure. »

  • Tu t’entraînes avec Kader depuis une semaine, quelle est votre relation ?
Rahiti à l’entraînement avec l’arbitre FIFA Kader ZITOUNI. Crédit photo: KK/FTF

« S’entraîner avec Kader c’est bien parce que, sur le plan physique, il fait des bons entraînements et il te pousse, il te pousse. Tu ne t’arrêtes pas dès que tu as mal, au contraire. Mais au-delà de ça il me donne beaucoup de conseils et m’encourage vraiment à continuer dans cette voie. »

 

  • Pour ou contre la vidéo ?

« La vidéo c’est quelque chose de bien après il faut vraiment bien réfléchir sur son utilisation. Il faut également que son utilisation évolue au fil des saison en fonction du jeu. Mais globalement, je suis pour la vidéo. »

  • On sait que l’arbitre est souvent critiqué, décrié, dénoncé. As-tu un message à faire passer aux joueurs de football polynésiens ?

« J’ai la chance d’évoluer à un niveau, en U-17 nationaux où les joueurs sont axés sur le football, tout ce qu’ils veulent c’est jouer. Et en plus de cela, ils ont des coaches qui sont là pour les garder dans le droit chemin. Alors je n’ai pas vraiment de reproches à faire aux joueurs.

Les joueurs sont là pour faire leur match, ils ont envie de gagner et nous aussi on a envie de gagner d’une certaine manière parce qu’on est en concurrence avec les autres les arbitres. Moi je vois un match comme un terrain de jeu, on est tous là pour se faire plaisir alors faisons nous plaisir ! »

 

 

 

Related posts

Comment