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Arbitrage: Les arbitres de l’élite en formation FIFA

Depuis samedi 5 août et ce, jusqu’au vendredi 11 août, 30 arbitres sont en formation au Centre Technique de la Fédération Tahitienne de Football (FTF).

Comme chaque année avant le début de saison, la Commission Fédérale de l’Arbitrage (CFA) de la FTF en collaboration avec la FIFA, met en place une formation destinée à tous les arbitres de l’élite locale.

Pour la 4ème année consécutive, cette semaine de formation est animée par M. Alain LIM, ancien arbitre international et instructeur FIFA en charge de la formation des arbitres de la Confédération Africaine de Football (CAF) et celles des arbitres des pays francophones de la Confédération Océanienne de Football (OFC).

Près de 30 arbitres, dont 3 femmes, officiant dans les championnats élites de Tahiti, Moorea et Raiatea ont pris part à la formation. La FTF a pris en charge le déplacement et l’hébergement des « iliens ». A noter également la participation des cinq arbitres FIFA de la FTF, Norbert HAUATA, Kader ZITOUNI, Philippe REVEL, Jacques AVERII et Paul AHUPU.

La formation FIFA est divisée en 2 parties spécifiques. La première, qui se tient de samedi à mercredi, concerne les arbitres et assistants qui vont officier tout au long de la saison sportive. La seconde partie, jeudi et vendredi, est quant à elle consacrée à la formation des instructeurs.

Au cours de cette semaine de formation, les stagiaires alternent des séances théoriques et pratiques axées sur des thèmes tels que les techniques d’arbitrage, le travail d’équipe, les fautes tactiques, le hors-jeu ou encore la sévérité des fautes.

Kader TOUATI, Instructeur Fitness FIFA, était chargé de superviser les test physiques ©KK/FTF

La partie théorique est assurée par l’ex arbitre international qui passe en revue les 17 lois du jeu FIFA et leurs évolutions pour la saison 2017/2018.  L’expert s’appuie principalement sur l’outil vidéo pour analyser et décortiquer des séquences de jeu afin d’illustrer au mieux ces évolutions. Les fautes et incorrections ont ainsi été visualisées, disséquées et ont appelé diverses discussions constructives qui ont vraiment plu et retenu l’attention des stagiaires.

Quant à la partie physique, c’est le préparateur physique local, Kader TOUATI, instructeur fitness des arbitres FIFA depuis plus de 10 ans, qui est chargé d’évaluer les aptitudes des arbitres polynésiens au travers des différents tests de vitesse et d’endurance mis en place par l’instance dirigeante du football mondial.

L’objectif recherché par la FTF à travers cette formation est de rendre l’arbitrage polynésien plus performant. Cette session de formation répond à la vision de l’instance pour le développement du football dans ses aspects techniques et notamment par le renforcement des capacités des arbitres. Et ce, dans le but d’améliorer leur aptitude afin d’assurer une interprétation et une application uniforme des lois du jeu.

Tous les stagiaires auront désormais rendez-vous le 16 septembre pour le coup d’envoi de la saison 2017/2018 afin de mettre en application tout ce qu’ils ont appris au cours de cette formation de haut niveau.

L’instructeur a beaucoup utilisé l’outil vidéo au cours de la formation ©KK/FTF

Parole à l’instructeur FIFA, Monsieur Alain LIM, ex arbitre international FIFA qui a notamment officié lors des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, des Coupes du monde USA 94 et France 98 ou encore de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à 6 reprises.

Alain LIM, parlez-nous de votre rôle d’instructeur FIFA

Je suis instructeur FIFA depuis 2012, mon rôle c’est de développer les arbitres élites et former les instructeurs des fédérations membres de la FIFA. Je voyage ainsi dans le monde entier à la rencontre des arbitres issus des 5 continents.

Pour l’anecdote, dernièrement j’étais en Haîti. C’est un endroit que je ne connaissais pas et j’ai eu la bonne surprise de découvrir que les haïtiens parlaient le même créole qu’à l’Ile Maurice, pays dont je suis originaire.

Vous savez, lorsque l’on est instructeur FIFA et que l’on voyage dans plusieurs pays avec une langue et une culture différente, le défi majeur des formations c’est notre capacité à transmettre afin que les stagiaires comprennent et assimilent bien tous les termes techniques.

En Haîti, lors des formations arbitrage FIFA, jusqu’à présent c’était un instructeur espagnol qui venait alors il fallait traduire toutes les interventions en anglais puis éventuellement en français. C’était un peu long et compliqué. Alors faire une formation en langue française et créole, c’était plus compréhensible pour eux.

Avez-vous le sentiment que le courant passe bien avec les arbitres polynésiens ?

Oui le courant passe bien. C’est la quatrième fois que je viens ici et les arbitres polynésiens sont mes amis. Il y a des arbitres d’élite à Tahiti, il y a des « mondialistes », des arbitres qui sont candidats à la Coupe du monde comme Norbert HAUATA, Kader ZITOUNI et l’assistant Philippe REVEL.

Norbert a de bonnes chances d’être à la prochaine Coupe du monde en Russie. Vous avez des arbitres de qualités ici mais je crois que Tahiti a une tradition d’arbitres d’élite. Bien avant Norbert il y avait d’autres arbitres qui ont participé à de grandes compétitions comme Charles ARIIOTIMA qui a fait les Jeux Olympiques donc c’est une bonne chose pour le Pays.

J’ai également appris tout dernièrement qu’il y avait 3 filles qui ont participé aux compétitions de l’OFC en Nouvelle-Zélande et à Samoa, c’est de très bon augure et tout cela motive les jeunes à devenir arbitre.

A l’issue de la formation, gardez-vous contact avec la CFA afin de suivre l’évolution des arbitres stagiaires ?

Tout à fait, on échange de temps en temps avec les membres de la CFA. On reste en contact permanent, ils m’écrivent et me demande parfois mon avis sur une situation de jeu lors d’un match afin d’avoir plus d’éclaircissement.

Selon vous quelle est la principale qualité à avoir pour être un bon arbitre ?

Avant, quand on me posait cette question, je répondais : « application des lois du jeu et condition physique ». Mais non, maintenant, avec plus de recul, pour moi, un bon arbitre c’est quelqu’un qui comprend le football. Lorsqu’un arbitre prend une décision il doit convaincre et tout le monde doit accepter la décision qu’il a prise aussi bien les joueurs que les entraineurs mais également les fans.

Le jeu évolue sans cesse. Le métier d’arbitre a un peu changé récemment avec l’utilisation de la vidéo et la Que pensez-vous de cette innovation ?

On aime ou on n’aime pas mais on doit accepter l’apparition de la technologie dans la vie de tous les jours et, par conséquent, dans le football. Si je vous pose la question « est-ce que vous pensez que dans 5 ans, 6 ans il y aura la technologie ? » Vous allez me répondre oui, alors autant commencer maintenant.

J’étais à la Coupe du monde U-20 en Corée il y a quelques mois, on a vu beaucoup de situations et décision critiques et, grâce à la vidéo, on est revenu pour prendre la bonne décision. On a vu des buts marqués qui étaient entachés d’une faute, on a corrigé ça. On a vu des situations avec actes de brutalité que l’arbitre n’avait pas vu mais après visionnage, l’assistant vidéo a communiqué à l’arbitre central que la faute méritait un carton rouge et tout le monde a accepté.

Il y a des situations que l’arbitre ne voit pas et c’est la raison pour laquelle nous avons la vidéo.

 

Interview du président de la Commission Fédérale de l’Arbitrage (CFA), Raimana TAUOTAHA.

Quel est l’objectif de cette formation ?

Raimana TAUOTAHA, ancien arbitre FIFA et Président de la CFA ©FTF

Les objectifs de cette formation sont de former nos arbitres sur la compréhension des lois du jeu et leurs évolutions ainsi que les techniques de placements et déplacements en fonction des situations de jeu auxquelles ils sont confrontés au cours d’un match. Tout cela afin que nos arbitres puissent dans un premier temps être performants sur les compétitions de football local pour, dans un deuxième temps, atteindre le graal qui est d’être arbitre FIFA.  

Quelles sont les actions de la CFA sur une saison ?

La CFA met en place des formations hebdomadaires et un forum sur l’arbitrage chaque mois. La CFA se rend également dans les 

clubs pour informer les acteurs du football des modifications des lois du jeu afin qu’il y ait une meilleure compréhension des décisions.

La FTF compte aujourd’hui 5 arbitres FIFA chez les hommes et désormais 3 arbitres OFC chez les femmes, est-ce le fruit du travail de la CFA ?

On peut dire que c’est le fruit d’un travail collectif : celui de notre instructeur fitness, Kader TOUATI, le coup de main de l’arbitre FIFA Kader ZITOUNI, des arbitres eux-mêmes qui doivent parfois faire des sacrifices puis de la CFA.

 Les arbitres sont constamment évalués lors des compétitions internationales. Quels sont les retours que vous recevez de la FIFA ou de l’OFC sur les performances des arbitres polynésiens ?

Tout à fait, dernièrement il y a eu le Championnat U-19 féminin de l’OFC en Nouvelle-Zélande et on a eu de bons retours de la commission d’arbitrage de l’OFC sur nos 2 arbitres féminins. En ce moment même, il y a le championnat féminin U-16 à Samoa et on a également des retours très positifs de nos 2 représentantes.

Pour ce qui concerne nos arbitres FIFA, on a tout le temps de bons retours et les meilleures preuves ce sont leurs nominations régulières lors des grandes compétitions internationales. Norbert HAUATA et Philippe REVEL étaient à la Coupe du monde des moins de 20 ans et Kader ZITOUNI était à la Coupe des Confédérations. Il y a 2 jours nous avons appris la nominaiton de Kader pour la Coupe du monde U-17 qui se tiendra en Inde en septembre prochain.

Un message à faire passer ?

Je demande à tous ceux qui n’ont pas un niveau pour faire parties des sélections nationales et les supporters qui critiquent les arbitres de venir suivre les formations et être arbitre un jour. Et pourquoi pas être arbitre FIFA, c’est un moyen de voyager partout dans le monde.

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