FTF.PF > Actualités > A la Une > Arbitrage – Formation FIFA: Les arbitres de futsal imitent leurs homologues du football

Arbitrage – Formation FIFA: Les arbitres de futsal imitent leurs homologues du football

Du samedi 19 au mercredi 23 août, le Centre Technique de la Fédération Tahitienne de Football (FTF) a accueilli une formation FIFA destinées aux arbitres de futsal polynésiens. Après celle des arbitres de football une semaine plus tôt, il s’agit de la deuxième formation organisée par la Commission Fédérale de l’Arbitrage (CFA) avec le concours de la FIFA. Cette formation a rassemblé 25 stagiaires.

L’instructeur n’hésite pas à joindre le geste à a parole ©CFA/FTF

Au programme de ces 35 heures de formation : analyse détaillée des lois du jeu de la FIFA, méthodologie, apprentissage de la gestuelle et visionnage vidéo entre autres.

La formation a été dispensée par l’instructeur FIFA et ancien arbitre international Perry GAUTIER qui a alterné séances théoriques et pratiques avec les participants afin que ces derniers assimilent plus facilement les enseignements.

Les arbitres stagiaires pourront désormais mettre en application les précieuses consignes de l’expert FIFA lors des prochaines compétitions de futsal dont notamment le championnat élite : Futsal Top NIKE 2017. Ils seront en mesure de partager leurs connaissances auprès des joueurs d’une part mais surtout former les futurs arbitres issus de leur comité d’autre part.

Des stagiaires attentifs ©CFA/FTF

Lors de la cérémonie de clôture, la Directrice Générale de la FTF, Mme Moeama MU-GREIG a rappelé que cette formation faisait partie de de la politique et des engagements de la FTF pour développer et promouvoir le futsal en Polynésie.

En conclusion, Mme MU-GREIG a tenu à remercier la FIFA pour son soutien permanent et saluer l’instructeur pour avoir bien conduit cette formation. Les stagiaires ont également remercié chaleureusement l’expert et lui ont offert de nombreux cadeaux et souvenirs traditionnels.

M. GAUTIER s’envole ce soir pour la Nouvelle-Zélande et la ville d’Auckland pour un stage international destiné aux arbitres instructeurs de chaque association membre de la Confédération Océanienne de Football.

Quatre membres de la CFA participeront également à ce stage qui s’inscrit dans le cadre du programme de la FIFA, FUTURO, III axé sur la formation d’instructeurs nationaux.

 

Entretien avec l’instructeur FIFA, M. Perry GAUTIER.

Bonjour M. GAUTIER, pouvez-vous vous présenter ?

M. Perry GAUTIER, Instructeur FIFA et ex arbitre international ©KK/FTF

« Je m’appelle Perry Gautier, je viens de Belgique et je suis instructeur FIFA pour les arbitres de futsal. Je travaille pour la FIFA depuis de nombreuses années, j’ai d’abord commencé en tant qu’arbitre international puis comme instructeur. Cependant, j’exerce cette fonction de manière ponctuelle car dans la vie de tous les jours, je suis inspecteur de police. »

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre expérience en tant qu’arbitre ?

« Comme la plupart des arbitres, j’ai commencé l’arbitrage dans le football. Et, comme vous le savez, dans notre pays les hivers sont rudes ce qui fait que le football est en stand-by pendant une certaine période et c’est comme ça que je me suis orienté vers les compétitions de futsal.

Dans le football, mon objectif était d’arbitrer des matches de première division. En futsal, c’était d’aller le plus loin possible et j’ai fini ma carrière en tant qu’arbitre international. J’ai notamment eu la chance d’officier lors de 2 Coupes du monde de futsal.

En 1996, en Espagne, j’ai officié lors de la finale du tournoi. C’était par ailleurs le premier tournoi lors duquel la FIFA a fait exclusivement appel à des arbitres de futsal. Avant 1996, la FIFA faisait appel aux arbitres de football pour officier dans les Coupes du monde de futsal de la FIFA.

En 2000, au Guatemala, j’ai arbitré une des demi-finales de la Coupe du monde. Je peux donc dire qu’à la fin de ma carrière, en faisant le bilan de toutes les grandes compétitions auxquelles j’ai pris part, je suis un homme heureux. »

Depuis combien de temps êtes-vous instructeur FIFA ?

« Cela fait près de 15 ans aujourd’hui, j’étais déjà instructeur FIFA lorsque j’étais arbitre international de futsal. J’ai commencé à être instructeur FIFA en 2003, et j’ai pris ma retraite en tant qu’arbitre l’année d’après car j’avais atteint l’âge limite fixé par la FIFA : 45 ans.

En 2003, la FIFA avait pris la décision de former la première génération d’arbitres futsal à la fonction d’instructeur et c’est comme ça que je suis devenu instructeur FIFA. Aujourd’hui encore, la plupart des instructeurs FIFA de l’arbitrage futsal sont les personnes issues de cette première génération d’arbitres 100% futsal. »

Que pensez-vous de cet âge limite de 45 ans fixé par la FIFA pour officier lors des compétitions internationales ? Ne pensez-vous pas que, fort de leur grande expérience, les arbitres de plus de 45 ans puissent continuer ?

« Bien sûr, les arbitres de plus de 45 ans peuvent toujours avoir une bonne condition physique pour arbitrer des matches, ça c’est certain. Mais cette limite d’âge est importante si l’on veut intégrer de nouveaux arbitres autrement nous aurons toujours les mêmes arbitres. Il n’y aura pas de temps ou de compétitions pour intégrer les jeunes arbitres.

Evidemment, les arbitres de 45 ans ont plus d’expérience mais vous devez être honnête et reconnaitre que les exigences physiques sont de plus en plus élevées et plus vous avancez en âge, plus vos capacités diminuent naturellement. Je suis jaloux lorsque je vois les jeunes arbitres courir aujourd’hui, ils sont fantastiques.

Je pense donc que cet âge limite est logique et c’est un message clair de la part de la FIFA disant que nous voulons apporter du sang frais dans l’arbitrage de manière régulière. »

Quels sont les principaux thèmes que vous abordez avec les stagiaires polynésiens au cours de cette formation ?

« Tout d’abord je tiens à dire que c’est un privilège et un honneur d’être à Tahiti. C’est la deuxième fois que je viens ici. La première fois c’était il y a 11 ans, en 2006, pour une première formation des arbitres futsal.

Au cours de cette formation nous avons essayé d’améliorer la prise de décision des arbitres parce que ce n’est pas facile pour les arbitres polynésiens. Ici, de manière générale, les gens sont de nature réservée, timide. Or en tant qu’arbitre, vous devez prendre des décisions et parfois vous devez jouer un rôle car il faut avoir de la personnalité et savoir faire preuve d’autorité sur le terrain.

Le deuxième point sur lequel j’ai insisté c’était le côté physique. En effet, la condition et l’apparence physique des arbitres est devenue très importante aujourd’hui. Le jeu va de plus en plus vite, les équipes et joueurs sont de mieux en mieux préparées. Les arbitres doivent donc suivre la même évolution.

L’observation était un autre thème majeur de cette formation. Avoir une certaine uniformité dans l’observation des situations. A l’heure actuelle il n’y a pas d’assesseur pour les arbitres futsal polynésiens nous allons donc travailler sur ce point la semaine prochaine à Auckland lors du stage arbitrage FIFA Futuro destiné aux instructeurs.

David RAPARII fera le déplacement sur Auckland et nous aurons également des instructeurs issus de toute l’Océanie. Nous tenterons donc de créer un pool d’instructeurs de futsal dans la région. »

Que pensez-vous des stagiaires que vous avez eu au cours de ces 4 jours de formation ?

« Ce que je peux dire dans un premier temps, c’est que ce sont des personnes motivées. Elles sont intéressées, elles aiment être là, elles aiment travailler sur le terrain. Il est vrai que nous avons une partie théorique importante au cours de cette formation mais, en tant qu’ancien arbitre, je sais également qu’on n’aime pas trop rester enfermer dans une salle, on préfère la partie pratique. C’est la raison pour laquelle nous essayons de mettre plusieurs ateliers pratique.

Dans un deuxième temps, bien qu’ils ne connaissent pas parfaitement les lois du jeu, il y a certains stagiaires qui ont déjà de bonnes dispositions à la fois physiques et dans la prise de décision. Ils ont déjà de l’autorité et, s’ils travaillent dur, ils s’amélioreront et je suis certain qu’ils auront des opportunités dans le futur afin de, pourquoi pas, devenir arbitre international. »

Quelques conseils pour le développement de l’arbitrage du futsal en Polynésie ?

« Pour la plupart des stagiaires que j’ai eu au cours de ces 5 derniers jours, il s’agissait de leur toute première formation en arbitrage. Il faut continuer à faire des formations pour le développement de la discipline. Il faudrait également tisser des liens dans la région afin qu’il y ait des échanges entre pays.

S’il y a une compétition de futsal dans un pays voisin, il faudrait essayer d’y envoyer des arbitres afin qu’ils s’aguerrissent, cela pourrait être la première étape pour le futur de l’arbitrage du futsal. C’est ma suggestion : continuer d’organiser des formations et essayer d’entrer en contact avec les pays voisins lorsqu’ils organisent des compétitions.

A titre d’exemple, je sais qu’il y a un tournoi de futsal en Nouvelle-Calédonie en ce moment, c’est toujours intéressant d’être présent dans ces tournois même si votre équipe nationale n’y participe pas. Et vice-versa lorsque vous organisez une compétition sur votre sol, invitez les arbitres des autres pays, c’est comme ça que les arbitres progresseront. »

Une dernière question, sur le plan personnel, pouvez-vous nous dire ce que l’arbitrage vous a apporté ?

« Le premier mot qui me vient à l’esprit c’est : défi. Arbitrer est un défi. Il y aussi le fait de faire du sport au quotidien pour se maintenir au top. Mais ce qui est fantastique était surtout le fait de voyager dans le monde pour vivre et faire partager ma passion.

Dans ma carrière, j’ai eu la chance de faire énormément de rencontres avec des gens exceptionnels partout dans le monde y compris dans des pays où vous ne penserez jamais que cela serait possible. Il y a des gens exceptionnels partout dans le monde.

Malgré les problèmes, incidents et crises politiques dans certains pays, chez la plupart des gens que j’ai rencontré dans la rue, les gens qui jouent au futsal et font du sport en général, il y avait cette notion de respect, de compréhension, il y avait un accueil chaleureux et une amitié forte. Le futsal m’a apporté beaucoup et j’en suis très heureux.

Le futsal m’a également apporté beaucoup dans ma vie de tous les jours car si je voulais être un bon arbitre, il fallait que j’aie une hygiène de vie irréprochable,  que je fasse attention à mon corps, à ma santé, mon alimentation, ne pas consommer d’alcool et autres produits néfastes. »

 

Entretien avec David RAPARII, membre de la CFA et instructeur des arbitres futsal de la FTF.

David RAPARII (à gauche) et Jacques AURAA, membres de la Commission Fédérale de l’Arbitrage © CFA/FTF

Quel est l’objectif de cette formation ?

« A court terme, l’objectif de cette formation est de promouvoir l’arbitrage dans le futsal en Polynésie et former nos arbitres. A long terme, à l’instar du football, il s’agira d’avoir des polynésiens arbitres internationaux de futsal et des arbitres instructeurs. A l’heure actuelle nous avons une équipe nationale de futsal qui dispute les compétitions régionales et internationales mais nous n’avons aucun arbitre polynésien présent lors de ces compétitions. »

Comment est-ce que vous avez sélectionné les stagiaires de cette formation ?

« Après avoir défini le plan de développement de l’arbitrage du futsal en Polynésie, la Commission Fédérale de l’Arbitrage (CFA) dont je fais partie a réuni les comités de futsal pour leur exposer ce plan et savoir s’ils avaient des arbitres à proposer. Nous avons également ciblé les arbitres qui avaient officié lors du Top NIKE 2016 et du Festival des îles en mars dernier. »

Cette formation était-elle exclusivement destinée aux arbitres de Tahiti ?

« Non il y avait également des arbitres des îles : 1 arbitre de Moorea, 2 arbitres de Raiatea et 1 arbitre de Huahine. »

Quels sont les prochaines échéances de la CFA concernant l’arbitrage du futsal sur le territoire ?

« Nous avons prévu de continuer de former nos arbitres en vue notamment des grandes compétitions locales qui approchent dont le Futsal TOP NIKE, le championnat de futsal élite. Ce genre de compétition avec beaucoup d’intensité et d’enjeu se rapproche du niveau international et nous permet d’évaluer nos arbitres. »

En parlant d’évaluation, on sait que la CFA fait des réunions hebdomadaires de debrief/évaluation avec les arbitres de football. Est-ce que vous ferez de même pour les arbitres de futsal ?

« En raison du nombre important de comités et du dispatchement de ceux-ci sur le territoire, il est difficile de se calquer sur le modèle du football. Nous avons convenu, avec les stagiaires qui ont participé à la formation, de nous revoir une fois par trimestre pour faire des mini-bilans et échanger sur les diverses difficultés qu’ils auraient rencontré. Le reste du temps ils échangent au sein de leur propre comité. »

Related posts

Comment