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Thierry ARIIOTIMA: “Eclaircir les choses et éviter certaines confusions”

La Fédération Tahitienne de Football (FTF) a récemment été la cible de critiques de la part de Monsieur Marama VAHIRUA sur la chaîne télévisée Polynésie Première, lors d’un reportage consacré à son prochain déplacement en métropole avec une sélection de jeunes footballeurs.

En effet, à deux reprises, la première au cours de l’émission Tuaro Sports du dimanche 19 mars puis la seconde lors des journaux télévisés du mardi 21 mars, M. VAHIRUA a émis de vives critiques à l’encontre de la FTF et de ses dirigeants.

Ces attaques portant atteinte à l’image et à la réputation de l’organisme, la FTF a tenu une conférence de presse ce matin, Vendredi 24 mars, au Centre Technique Fédéral dont la finalité, selon le Président de la FTF, M.Thierry ARIIOTIMA, était « d’éclaircir les choses afin d’éviter qu’il y ait confusion et non pas polémiquer sur les faits ».

Pour cette conférence de presse, Le Président était notamment accompagné du Vice-Président délégué, Marc PLOTON, du Premier Vice-Président, Pare SALMON et du Directeur Technique, Patrice FLACCADORI.

Pression sur les sponsors, délégation de service public, aides aux clubs…

M. ARIIOTIMA a, dans un premier temps, rappelé les propos tenus par M. VAHIRUA lors de ses interventions médiatiques au cours desquelles il accuse la FTF, d’essayer de faire capoter son projet « Certains membres de la Fédération Tahitienne de Football essayent de nous mettre des bâtons dans les roues», dit l’ancien footballeur professionnel. Dans le reportage, la FTF a été accusée de « faire pression sur l’un des sponsors principaux de l’association visant à annuler les billets d’avion de ses futurs ambassadeurs de la Polynésie. »

 Le Président, a tenu à démentir ces propos précisant qu’il a découvert son projet en même temps que la plupart des gens, au journal télévisé de mardi soir, et que le sponsor en question n’avaient pas besoin de la FTF pour définir leur stratégie « je pense que cette compagnie a des gens intelligents à la direction marketing qui savent exactement ce qu’ils font et je suppose qui il y a des tas d’associations qui demandent des billets, maintenant charge à cette compagnie de prendre les dispositions qui lui semblent les meilleures . Je ne suis pas important au point d’influer auprès du service marketing de nos sponsors. », a-t-il dit.

A la suite du reportage télévisé, le Président s’est intéressé au projet de M. VAHIRUA et s’est renseigné sur le tournoi auquel son équipe va participer : le tournoi d’Orvault. Il constate alors avec surprise que son équipe est inscrite dans le tournoi en tant que « sélection Tahiti » et rappelle alors à la presse que seule la Fédération Tahitienne de Football, délégataire de service public, est habilitée à présenter une équipe ou sélection sous l’appellation « Tahiti » dans une compétition de football, futsal ou beach soccer : « je suis obligé d’intervenir parce-que là, cette association ne respecte pas les lois du pays, ne respecte pas les règlements puisque seule la Fédération Tahitienne de Football peut se prémunir de cette appellation. »

 Il invite ensuite l’association à disputer ce tournoi sous le nom de leur propre association afin d’éviter tout amalgame : « je demande aux dirigeants de changer le nom de cette équipe et de mettre le nom de leur association, puisqu’ils ont une association, pour ne pas être en porte-à-faux vis-à-vis des instances dirigeantes. »

Le président conclu sur les remarques d’un intervenant déplorant le manque de soutien de la FTF envers ses clubs, des remarques infondées selon lui « je pense que les clubs de football sont peut-être les plus dotés en aides diverses par rapport à certaines autres fédérations. D’abord, à titre d’exemple, il y a deux ou trois ans, nous avons effacés les dettes des clubs qui étaient de l’ordre de 14 millions, on va dire que ce n’est pas assez…. Les licences des jeunes ne sont pas payées puisque les licences sont gratuites.

 La Fédération Tahitienne de Football met également à la disposition de tous les clubs des moyens de transport, nous avons des bus qui évitent à la plupart des clubs des dépenses excessives. Il y a d’autres aides qu’on a fait et dernièrement, au titre de l’année 2016 et là je ne comprends pas puisque tous les clubs ont reçu la circulaire qu’on leur a adressée, nous venons d’allouer 400 000 francs pour les aider dans la vie de tous les jours, pour justement apporter un petit soutien, qui n’est peut-être pas assez, car ce n’est jamais assez et ça ne sera jamais assez ça c’est claire mais je pense que de là à dire que la FD n’aide pas les clubs, je pense qu’il y a un fossé.

 Et je voulais rectifier le tir en disant qu’il n’est pas possible que la fédération n’aide pas les clubs. Moi-même je suis un président de club, lorsqu’il dit que les clubs souffrent je suis au courant et c’est pour ça que lors de notre dernier comité exécutif, nous avons décidé d’aider en 2016, d’aider en 2017 puisqu’on va étendre à tous les clubs de Polynésie et de continuer en 2018. Tel est le projet de la fédération. »

Etre prudent dans la communication avec les enfants et les parents

 Thierry ARIIOTIMA a ensuite donné la parole au Directeur Technique de la FTF, Patrice FLACCADORI afin qu’il s’exprime sur le projet de M. VAHIRUA. Pour le technicien, il convient de bien définir les objectifs de ce programme et d’être prudent dans la communication notamment lorsque l’on aborde le sujet du professionnalisme avec les enfants et les parents.

Si c’est un objectif d’ouverture avec un programme pédagogique, d’immersion en autre professionnel d’aller aux contacts d’autres équipes, je pense que c’est une bonne chose.

Après, parler dès cet âge de professionnalisme, je pense qu’il faut vraiment être prudent parce-que derrière on fait miroiter des choses, à des personnes, notamment aux parents car si j’ai bien entendu, il y a des parents qui sont prêts à prendre des crédits, s’endetter pour emmener leurs enfants en métropole dans des structures professionnelles.

 Donc je pense qu’il faut prendre du recul, un peu plus de hauteur, car l’analyse est beaucoup plus complexe, il faut savoir que dans le monde il y a 211 fédérations, c’est un chiffre conséquent mais par rapport aux pourcentages, il faut savoir qu’il y a seulement 0,02 % des joueurs de football qui deviennent professionnels dans le monde.

Ça veut dire que pour atteindre le graal, c’est très très compliqué, la masse est énorme mais très peu sont élus. Donc après donner des espoirs, parce-que c’est compliqué, partir à 18 000 km c’est compliqué surtout pour des enfants de 11-12 ans, il y a toute une alchimie qui fait que les enfants vont y arriver ou pas.

Moi personnellement en tant que directeur technique, je suis incapable de dire qu’un enfant de 12-13 ans va sortir professionnel. Ils ont peut-être des habilités techniques à un moment donné mais vont entrer dedans le développement de l’enfant, sa sphère sociale  c’est-à-dire ses amis, ses parents  donc c’est vraiment beaucoup 

Par rapport à l’éloignement, à la spécificité de la Polynésie française et par rapport à la législation et aux règlements Fifa, on ne peut pas faire n’importe quoi.

En effet, un enfant de 12-13 ans ne peut pas être envoyé en métropole sur un centre, dans un club professionnel, car il y a des lois, et des règlements qui sont mis en place par la Fifa et qui régissent un petit peu ces transferts de joueurs ou d’enfants. Donc je vous invite à aller regarder dans les statuts et règlements de la fifa, l’article sur la protection des joueurs mineurs et notamment l’alinéa 9.

Il faut savoir qu’avant 16 ans, le gamin ne peut pas entrer, pour ce qui nous concerne parce-que nous sommes Fédération Tahitienne de Football, donc il ne peut pas avant 16 ans être emmené en métropole sauf si les parents accompagnent l’enfant avec des contrats de travail, avec des habitations à moins de 50 km du centre de préformation, du pôle espoir ou du centre de formation.

Il faut savoir également que lorsque l’enfant est à plus de 50 km de chez lui, hors de sa sphère sociale, il y a plus de 90 % de taux d’échec. Donc ça, ce sont des chiffres qui nous font réfléchir, et nous rappellent qu’on ne peut pas faire n’importe quoi et emmener ces enfants dans des conditions qui ne sont pas optimales, c’est envoyer des enfants à l’échec. Et derrière il peut y avoir des choses très graves au niveau psychologique, et pour ces enfants cela arrive même jusqu’à arrêter la pratique du sport.

Tout cela nous amène à réfléchir sur la mise en place de programmes spécifiques pour la Polynésie. On met des programmes en place, on met des championnats jeunes, des compétitions jeunes, des journées d’accueils de U7 à U13, des moins de 7 ans jusqu’à moins de 13 ans, on met des pôles excellence.

Le département technique de la FTF a mit en place les Pôles Excellence depuis 2015

Des garçons sont regroupés ponctuellement 6 fois dans l’année, on essaye de prendre les meilleurs, ceux qui ont les meilleures habilités techniques du moment parce-que ça peut évoluer donc de 13 à 15 ans.

Les meilleurs sont ensuite recrutés et orientés dans les sections sportives de Polynésie. Il faut savoir que le club de Vénus a sa section sportive, le club de Tefana a sa section sportive, la Jeunesse Marquisienne a sa section sportive, le club de Taiarapu a sa section sportive et la Fédération Tahitienne de Football a sa section sportive qui comprend la section sportive d’Afareaitu  (6ème à 5ème) et les sections sportives Taaone, collège et lycée.

Il y a ce qu’on appelle un pôle d’excellence sportif qui est mis en place pour qu’après, les meilleurs de ces garçons intègrent les sélections nationales. Donc voilà il y a quand même quelque chose qui est mis en place mais c’est très compliqué.

Le football d’il y a 20 ans n’est plus le football de maintenant. Il y a des pôles espoirs qui ont été créés en métropole et donc il y a une concurrence qui est très forte. Lorsqu’on dit qu’à Tahiti, il y a des diamants qui doivent être polis, moi personnellement ça m’intéresse, et ce que j’ai envie de dire, c’est qu’on doit travailler tous ensemble. J’accueille toutes les bonnes volontés au sein du département technique, dans l’équipe technique régionale, pour polir ces diamants

Mais la réalité fait que c’est très compliqué, très peu de joueurs sortent. Il faut d’abord qu’on mette des bonnes structures dans nos clubs, qu’on stabilise nos compétitions, qu’on mette en place une académie pour peut être pouvoir envoyer quelques enfants, quelques adolescents pour prétendre à une carrière professionnelle.

Tautu HEUTARAURI, ici avec le maillot des Tama Ura, est au centre de formation du Toulouse Football Club depuis 2 ans. Crédit photo: OFC via Phototek

Vous savez actuellement, il y a deux enfants formés à l’AS Vénus, qui sont immergés au Toulouse Football Club. Il y a un garçon, ça va faire deux ans qu’il est là-bas et il y en a un qui vient de rentrer. Nous ne sommes pas sûr qu’ils deviennent professionnels. Ils ont été détectés, ils sont partis là-bas et maintenant il y en a un, Tautu  HEITARAURI qui a 16 ans et qui va pouvoir prétendre à pouvoir être en championnat, faire des matchs parce qu’il a 16 ans et qu’il peut avoir une licence.

Le 2ème garçon ne jouera que des matchs amicaux parce qu’il n’a pas encore 16 ans donc il ne peut pas prendre de licence.  Il faut qu’on ait une réflexion aussi là-dessus, est-ce qu’il est intéressant d’envoyer des enfants pour un cursus mais sans jouer ? C’est compliqué.

 En 2013, la FTF avait déroulé le tapis rouge pour accueillir Marama

Pare SALMON a tenu à rappeler le fait  que la FTF avait accueilli Marama VAHIRUA à son retour d’Europe: “Effectivement quand Marama est rentré au pays à la fin de sa carrière il s’est rapproché de la Fédération Tahitienne de Football pour trouver un emploi ici et je dirais que le comité exécutif de l’époque lui avait déroulé le tapis rouge puisqu’il avait été embauché en tant que directeur technique. Après je pense qu’il n’y a pas eu satisfaction.”

Mais le 1er vice-président de la FTF n’apprécie pas le fait qu’il ne mentionne jamais le travail des éducateurs bénévoles des clubs dont sont issus ses joueurs: “je suis un peu remonté par rapport à ses propos quand il dit que ça fait trois ans qu’il travaille avec ces enfants là alors que nous tous ici savons que ce sont les clubs qui forment ces jeunes. “

Même son de cloche pour le vice-président délégué et président de l’AS Arue, Marc PLOTON en parlant des 2 joueurs, frères jumeaux, qui ont été repérés par le Stade Rennais: “Ces jumeaux ont commencé dans mon club, la chance de ces jumeaux c’est que le papa est un fana du football et je peux dire que le papa y est pour beaucoup dans la formation et la réussite de ses gamins.”

A l’instar du directeur technique de la FTF, le vice-président demande de la prudence dans la communication avec les jeunes footballeurs: “il faut faire attention à ne pas trop faire rêver les enfants, parce qu’au final si on y arrive pas, on peut avoir beaucoup de déception et moi j’ai peur de ça.”

 

 

 

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