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Lucarne opposée en parle …

 

Fidèle à ses principes, Lucarne Opposée vous offre une plongée en Océanie à la découverte d’une sélection pas comme les autres : les Tiki Toa. Et pour mieux les découvrir, votre guide se nomme Thierry Ariiotima, président de la fédération tahitienne de football.

 

Le football océanien avec 1 million de pratiquants de football, pour 12 millions d’habitants (hors Australie), fait figure de petit Poucet au sein de la FIFA qui compte 270 millions de membres. Si le s équipes néo-zélandaises dominent le football de cette région (voir nos points réguliers sur l’O-league), les deux disciplines émergentes, le beach soccer et le futsal, offrent aux pays insulaires du Pacifique une formidable opportunité de se distinguer dans le concert des nations sportives du globe. Parmi elles, les Tiki Toa.

 

Pour soutenir l’universalité du football, la FIFA a encouragé les plus petites nations à organiser l’une de ses coupes du monde. C’est ainsi  que la Fédération Tahitienne de Football s’est engagée à relever le défi d’organiser la prochaine édition de la Coupe du monde de Beach soccer  avec le soutien déterminant du gouvernement local, de l’Etat français et de la Ville de Papeete.

 

La candidature tahitienne remporte l’adhésion unanime du comité exécutif  le 19 mars 2010 face à des pays aussi prestigieux et réputés que le Brésil, l’Argentine, l’Italie, l’Afrique du Sud ou les Pays-Bas.

Créée en 1904, la FIFA organisera pour la première fois l’une de ses coupes du monde dans une île du Pacifique en septembre 2013.

 

Si le Beach Soccer n’est pas encore aussi médiatisé que son cousin sur gazon, cette décision marque le début d’une incroyable histoire : celle des Tiki Toa. La sélection nationale, lancée pour la première fois en 2006, va rapidement grimper les échelons pour décrocher une place en Coupe du Monde 2011 !

 

A Ravenne, les Tiki Toa ne feront pas de figuration. Placés dans le groupe D avec le Venezuela, le Nigéria et surtout l’ogre Russe (futur champion du monde), les polynésiens terminent troisième de leur groupe avec un succès face au Venezuela en ouverture et acquièrent une expérience inestimable et douzième au classement final.

 

Le football ayant été pratiqué pour la première fois en 1909 à l’initiative de la marine marchande en escale à Papeete, il aura fallu attente plus d’un siècle pour voir l’élite du football polynésien remporter sa première victoire dans une phase finale de coupe du monde de la FIFA

 

Ainsi, quelques mois après Hekari qui venait donner un coup de projecteur mondial sur l’autre football océanien, Tahiti avait su saisir sa chance de ramener les lumières médiatiques sur cette région du monde. Et derrière les Tiki Toa, c’est tout le football tahitien qui compte bien en profiter pour poursuivre son développement. C’est ce que vous allez découvrir avec l’interview de Thierry Ariiotima, président de la Fédération Tahitienne de Football (FTF).

 

Les Tiki Toa n’existent que depuis novembre 2010 suite à l’obtention de la Coupe du Monde 2013 qui a “imposé” la création d’une équipe locale.

Le Beach soccer est arrivé en 2006 à Tahiti à l’occasion de la phase qualificative (zone Océanie) de la Coupe du Monde 2007 organisée à Rio de Janeiro. La première sélection de Tahiti Nui a donc vu le jour à cette occasion. Teva Zaveroni faisait déjà partie de l’effectif entraîné par Sébastien Labayen. Après trois tentatives infructueuses en 2006, 2008 et 2009, il aura fallu attendre la 4ème édition de la phase qualificative de la Coupe du Monde de Beach soccer 2011 pour voir notre sélection de Tahiti Nui qualifiée pour la phase finale d’une Coupe du Monde.

L’appellation des TIKI TOA est apparue en 2011 à un moment où le conseil fédéral de la FTF a souhaité donné une identité ‘’polynésienne’’ à ses sélections: TIKI TOA pour celle du Beach soccer, AITO ARII pour celle du FUTSAL, TAMA URA pour celle des U17,…

 

Vu de loin, cela apparaît assez exceptionnel qu’un pays sans sélection puisse “rafler” un tel évènement au nez et à la barbe du Brésil et de l’Argentine par exemple. Comment Tahiti a-t-il réussi cet incroyable exploit ?

Le succès de la candidature tahitienne tient à 4 éléments clés:

1. La qualité du dossier de candidature présenté à la FIFA

2. Le mythe ‘’Tahiti’’

3. La volonté de la FIFA de promouvoir et développer le football en tout point du globe, au titre de l’UNIVERSALITE de notre sport

4. La présence de Reynald Temarii au sein du comité exécutif de la FIFA

 

Peut-on y voir une volonté de la FIFA de développer le football océanien comme elle l’a fait par exemple aux Etats-Unis avec la Coupe du Monde 94 ?

Comme indiqué précédemment, la FIFA, à partir de 1974, a mis en œuvre un vaste plan de développement du football dans le monde au titre de l’UNIVERSALITE du jeu, avec une véritable accélération du processus en 1999.

C’est en effet au congrès de la FIFA de 1999 à Los Angeles que le Président Joseph Sepp Blatter a lancé ses deux principaux programmes de développement appelés GOAL Project et FIFA FAP qui permet l’attribution de moyens financiers importants à l’ensemble des fédérations membres de l’organisation, sans distinction de taille du Pays ou de pouvoir économique ou de toute autre considération.

Attribuer la Coupe du Monde de Beach Soccer à Tahiti alors que l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud ou encore le Portugal et les Pays Bas étaient aussi candidats, en est une belle illustration

 

La FIFA va-t-elle aider Tahiti à développer son football ?

En 12 années, de 1999 à 2011, la Fédération Tahitienne de Football (FTF) a bénéficié d’une assistance financière de la FIFA d’un montant de l’ordre de 500 Millions de francs pacifiques (4,2 Millions d’euros). La FIFA ayant garanti le niveau de ses revenus issus notamment des droits de télévision et de marketing, pour les 10 prochaines années soit jusqu’en 2022, les perspectives économiques de la FTF sont extrêmement favorables dès lors que le Management de la FTF sera digne de celui d’une entreprise performante.

 

Quel est l’impact d’une Coupe du Monde de Beach Soccer sur le plan local ?

Nous avons évalué les retombées économiques directes de la Coupe du Monde de 2013 à 500 millions de francs pacifiques (4,2 Millions d’euros). Ce flux de devises participera très modestement à l’économie de la Polynésie française mais il est souhaitable que cet évènement puisse donner aux Polynésiens l’occasion de se ressaisir et de se remobiliser pour construire ensemble une Polynésie plus solidaire et plus ambitieuse. C’est en tous les cas l’ambition partagée avec le gouvernement de la Polynésie française dont le soutien est remarquable.

 

Les Tiki Toa existent depuis peu et déjà obtiennent de bons résultats. Quelle est la recette ?

Contrairement au football, le Beach soccer est encore une discipline sportive pratiquée en grande majorité par des joueurs amateurs. A cela, il convient de préciser que la FTF bénéficie d’un soutien de poids avec Angélo Schrinzi, instructeur FIFA de Beach Soccer, qui a l’amabilité de s’engager personnellement dans l’accompagnement des TIKI TOA et dans la formation de nos entraîneurs. La motivation et l’engagement de Teva Zaveroni, entraîneur – joueur des TIKI TOA et de ses coéquipiers, complètent les raisons de nos performances sportives.

 

La qualification puis les performances lors de cette Coupe du Monde peuvent-ils avoir un impact sur la pratique du Beach Soccer voire du foot en général sur Tahiti ?

Toutes les études statistiques des grands évènements sportifs de type Coupe du Monde de Football ou de Rugby montrent que lorsque qu’un pays réussit son parcours sportif à l’occasion de ces compétitions, le niveau de participation notamment des jeunes grimpe de 10% en moyenne au cours des 2 voire 4 années qui suivent.

Nous espérons qu’il en sera de même entre 2014 et 2017 pour la fédération tahitienne de football (FTF).

 

La participation à cette édition 2011 aura je l’imagine permis de faire le plein d’expérience avant la grande échéance de 2013. Comment l’île se prépare-t-elle à l’évènement ?

Le Comité Organisateur Local a déjà participé à deux Coupes du Monde, DUBAI en 2009 et RAVENNE en 2011. Ces expériences vécues étaient indispensables pour mieux appréhender l’organisation de notre Coupe du Monde.

La participation des TIKI TOA dans la compétition de cette année a été sans aucun doute le meilleur moyen pour nos joueurs de connaître le niveau de jeu de nos adversaires en 2013 et de se préparer en conséquence.

L’évènement du mois de février à l’issue duquel nos TIKI TOA se sont qualifiés pour la Coupe du Monde de Ravenne 2011 a créé un fort sentiment patriotique dans les familles polynésiennes et un sentiment de fierté.

En organisant au mois de Septembre 2012 un tournoi exhibition avec des équipes de haut rang (Japon, France, Suisse voire Brésil) à J – 1 an de la Coupe du Monde, la FTF et le Comité Organisateur Local espèrent faire revivre en chacun des polynésiens ce sentiment de fierté qui nous a tous animé au mois de février 2011. Pour entretenir ensuite cette flamme, quelques évènements locaux seront ensuite organisés sur une année, de Septembre 2012 à Septembre 2013.

 

Quelles sont les prochaines échéances de Tiki Toa ?

Pour donner les meilleures conditions de préparation à l’échelle d’une fédération du Pacifique, les TIKI TOA participeront à deux tournées internationales (Juillet 2012 en Europe et Mai 2013 aux USA), un évènement de niveau mondial organisé à Tahiti (Septembre 2012) et enfin à un véritable championnat de Beach soccer à Tahiti. En outre, nos entraîneurs poursuivront leur formation à l’occasion de stages effectués à l’étranger.

 

Je souhaite remercier Clara Moreno et Terence Ienfa sans qui cet entretien n’aurait pu se faire et bien évidemment Thierry Ariiotima, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Copyright Photo : Ph. Binet

 

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