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La préparation physique des Toa Aito

Les guerriers tahitiens en sont conscients, il faudra être prêt physiquement pour représenter au mieux le football polynésien sur les terres du roi Pelé. Kader Touati, le préparateur physique de la sélection, a donc mis en place un programme spécifique pour travailler avant tout sur la vitesse et l’explosivité des Toa Aito. Explications. 

 

3 questions à Kader Touati, préparateur physique de la sélection :

 

Comment se passe la préparation physique de la sélection ? 

Avant toute chose, il faut savoir qu’il y a une grosse différence entre ce que les joueurs font dans leurs clubs, et ce qu’ils doivent faire pour pouvoir jouer face à des joueurs de très haut niveau qui s’entraînement quotidiennement et qui sont payés pour ça. En 3 mois, on ne peut pas revenir à leur niveau. Même si le joueur polynésien possède une explosivité intrinsèque. 

Nous ce qu’on recherche dans le football, c’est vitesse et explosivité. Le foot aujourd’hui c’est la vitesse. En 2-3 touches de balle, tu peux arriver au but. On va avoir face à nous des joueurs espagnols capables de marquer toutes les 2-3 minutes, et des nigériens très physiques, capables de courir pendant 90 minutes. On va titiller le très haut niveau. Donc si t’es pas prêt physiquement, tu vas tirer la langue, c’est sûr.

Au niveau de la préparation en elle-même, on a eu jusqu’à aujourd’hui 6 semaines de travail, avec pratiquement tous les jours une composante physique. Il a fallu jouer sur la charge et l’intensité de travail. Tout ça est calculé pour ne pas partir n’importe où n’importe comment. On a donc fait du travail athlétique tous les jours, surtout le matin. L’après-midi étant en général plutôt consacré à du spécifique football. En effet, on a besoin de fraîcheur pour le travail physique, or les joueurs sont plus frais le matin. 

Certains ont connu des semaines très difficiles. Mais les corps se sont progressivement habitués. 

 

Après 6 semaines, peut-on déjà observer des résultats ? 

Oui, on voit déjà les résultats. Tous les joueurs étaient équipés d’un cardiofréquencemètre pour les séances physiques à base d’endurance, de puissance, et de circuit training. L’objectif étant d’analyser le coeur à l’effort. Après 4-5 semaines, on a déjà remarqué de bons résultats avec des gars qui récupèrent assez bien et qui possèdent un gros potentiel. On ne va pas trop pousser sur les prochaines semaine car il faudra arriver frais au Brésil. Donc là on réduit le volume en augmentant l’intensité. La semaine du départ sera à base de jeu et de repos. Il ne faudra pas trop charger. En Polynésie, on a tendance à trop charger.

Un autre élément intéressant, c’est le body fat. On mesure régulièrement le poids et le body fat des joueurs. Or si le poids n’a pas forcément diminué, notamment à cause de la prise de muscle, tous les joueurs ont perdu en body fat. 

 

Comment le travail physique s’intègre t-il à la préparation générale de la sélection ?

On ne travaille pas sur le physique tout seuls de notre côté. C’est très important de travailler avec le médical, pour éviter tout risque de blessure, et le technique. Le travail physique doit respecter une programmation et une régulation. Mais il y a toujours des changements, on doit s’adapter. Je dirais qu’on a respecté notre programme à 85-90%. Mais les changements sont indispensables. Les joueurs ne sont pas des robots. On doit tenir compte des blessures, de la chaleur, de la fatigue, etc… Tout ça s’intègre dans un programme global de préparation. 

Il ne faut pas non plus négliger la préparation invisible. Il y a ce qu’il se passe sur le terrain, mais aussi tout le reste. Le sommeil et l’alimentation sont des éléments très importants. 

On essaye d’avoir la préparation la plus professionnelle possible avec les moyens humains et matériels à notre disposition. 

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