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Football – Calendrier 2018 : Thierry Ariiotima dévoile un programme exceptionnel

 

Thierry Ariiotima, président de la fédération tahitienne de football

Après une année 2017 qui a vu Tahiti devenir vice-championne du monde de beach soccer au Portugal, le programme international de la fédération tahitienne de football pour 2018 s’annonce riche en évènements à domicile. Les matchs de la poule B de la Ligue des Champions OFC, le tournoi de qualification pour la Coupe du monde U20 et le tournoi de qualification pour le Coupe du monde de beachsoccer 2019 seront joués à Tahiti. Sans oublier bien sûr, le Festival des îles…

Parole à Thierry Ariiotima :

Une première bonne nouvelle avec la Ligue des champions OFC ?

« Dragon aura la chance d’accueillir au stade Pater les trois équipes du groupe B, du 18 au 24 février 2018. Il y aura le champion calédonien Lossi, le champion des îles Salomon dont le championnat est en cours et l’équipe du Vanuatu Erakor qui était venue l’an dernier. Dragon évite la poule d’Auckland City et de Team Wellington. Si Dragon peut se hisser en demi finale, tout pourra arriver, l’objectif étant d’aller chercher la victoire en finale. Il y a à la clé non seulement un prix financier mais aussi une participation à la Coupe du monde des clubs champions. »

Le règlement de l’OFC a changé ?

« Cette année, le comité exécutif de l’OFC a décidé d’autoriser trois joueurs étrangers maximum, plus un joueur d’Océanie, dans chaque équipe. L’année dernière, Auckland City avait douze joueurs étrangers. C’est une décision importante. Il y a toujours un gain financier à hauteur de 90 millions pacifiques environ. Ce n’est pas anodin, on va dire, cela peut permettre à un club de bien se structurer sur quelques années. »

Une nouvelle chance de qualification pour une coupe du monde pour Tahiti, à la maison.

La deuxième échéance concerne la sélection de Tahiti U19 ?

« On a obtenu l’organisation des éliminatoires de la Coupe du monde U20 qui vont se dérouler du 4 au 18 août 2018, ici au stade Pater. Huit équipes seront en lice, sept équipes venant de l’extérieur et Tahiti. Je pense qu’on a là aussi une bonne carte à jouer. Lorsqu’on s’était qualifiés pour la Coupe du monde U20 en Egypte en 2009, le tournoi de qualification avait eu lieu chez nous. Une éventuelle participation à la prochaine Coupe du monde U20 pourrait servir à certains de nos joueurs qui pourraient se faire repérer. »

Certains joueurs proviennent de la sélection U17 ?

« La sélection n’est pas arrêtée. Certains sont sortis, d’autres vont rentrer et tout au long de l’année, l’effectif va tourner. D’une année sur l’autre, certains joueurs peuvent prétendre à la sélection. Le rôle de l’entraineur n’est pas seulement de préparer la sélection mais aussi de déceler de nouveaux joueurs issus d’autres équipes. Ce n’est pas figé. »

La sélection U19 joue en Ligue 1, c’est une chance ?

« On a fait ça pour mettre le maximum d’atouts de notre côté. Ceci dit, on a fait l’analyse de ce qu’on a fait avec nos U17, il en ressort qu’on s’était peut être trompés, l’écart de niveau était peut être trop important. Nos U17 avaient défendu toute l’année et pendant le tournoi de qualification perdu, ils pouvaient attaquer mais cela n’avait pas trop marché, cela nous avait peut être porté préjudice. Aujourd’hui, on a une sélection U19 qui défend et qui attaque. En jouant contre des séniors, ils ne peuvent que progresser. J’espère qu’on ne se sera pas trompés cette fois-ci. »

Manque de réussite également chez les filles à l’international ?

« La participation au tournoi de qualification U16 était obligatoire, dans le cadre du développement du football féminin. On a essayé de faire notre maximum en préparant une équipe en trois mois. Je pense que notre sélectionneuse Stéphanie Spielmann a fait du bon travail même si les résultats n’ont pas suivi. Aux îles Samoa, nos filles ont développé du jeu mais elles n’ont pas eu la chance de pouvoir marquer. Je pense que dans les années à venir on entendra parler des filles de Tahiti. »

Dragon pourra jouer à Tahiti ses matchs de poule de la Ligue des Champions

Une grande nouvelle également du côté du beach soccer ?

« J’ai demandé à ce que le tournoi de qualification de la zone Océanie pour la prochaine Coupe du monde de 2019 soit fait ici. Les années précédentes, les Tikitoa avaient été qualifiés d’office, les autres pays du Pacifique n’étant pas prêts. J’ai été ravi d’obtenir gain de cause. C’est super pour les fans puisque le beachsoccer a une certaine renommée à Tahiti. Les fans des Tikitoa auront plaisir à les revoir, à les voir affronter les équipes d’Océanie. Il y aura du monde, les gens n’attendent que ça. C’est une bonne chose pour toute la Polynésie. »

Certains pays ont déploré que Tahiti soit qualifié directement ?

« En voyant les résultats des Tikitoa, certains présidents se sont dit « pourquoi pas nous ». Les îles Salomon ont de très bons joueurs, ils vont sûrement nous donner du fil à retordre, je l’espère d’ailleurs. Ils ont toujours voulu un tournoi de qualification mais avec seulement deux équipes ce n’était pas possible. Là, cinq autres équipes se sont réveillées, tant mieux pour le public, tant mieux pour le sport, tant mieux pour la préparation des Tikitoa ou pour celle de celui qui va se qualifier. Il y aura ces éliminatoires et, si on se qualifie, d’autres matchs de préparation pour la prochaine coupe du monde. »

Le Festival des îles, une manifestation exceptionnelle ?

« Lors du sommet de la Fifa à Paris, j’y ai fait une petite présentation sur le Festival des îles, le président de la Fifa en personne a été émerveillé. Pour lui, Tahiti c’était un petit point sur la carte, mais la Polynésie française est étalée sur un territoire grand comme l’Europe. C’est comme si on organisait une Coupe d’Europe chez nous. Il nous a posé des tas de questions sur la logistique, quand on lui a dit que certains venaient en bateau après plusieurs jours de mer, il avait du mal à le croire. Il a été agréablement surpris. Certains jeunes viennent pour la première fois à Tahiti grâce à ce Festival, c’est leur Coupe du monde, en quelque sorte. Il y a une forte dimension sociale, voire sociétale. »

“Le football doit rester un beau spectacle”

La problématique liée au comportement de certains supporters ?

« Nous sommes tous des passionnés de football, qui n’est qu’un sport et qui doit rester un beau spectacle. Parfois, le spectacle est gâché car certains supporters insultent les acteurs sur le terrain, autant les joueurs que les arbitres. C’est un manque de respect envers tous. Dans un stade, il y a des enfants, des personnes âgées qui n’ont pas envie d’entendre des noms d’oiseau. Bien sûr qu’avec ce qui s’est passé dernièrement, la fédé va prendre des mesures mais je voudrais faire appel au bon sens des gens. »

« Avant on venait au stade pour soutenir, pour encourager pas pour critiquer ou insulter. Ce n’est pas constructif. La fédération organise des formations régulièrement pour que les arbitres soient compétitifs. Si on a un esprit sportif, on doit respecter les décisions de l’arbitre. Tout le monde a droit à l’erreur, ce n’est pas en les insultant qu’on va les encourager à arbitrer. On risque de ne plus avoir d’arbitres, on en a déjà pas assez. On se démène pour les attirer alors s’ils se font insulter, c’est totalement contre productif. »

Un dernier mot, un remerciement ?

« Je remercie l’ensemble de mon équipe au sein de la fédération tahitienne de football pour son travail acharné mais aussi l’ensemble des acteurs du football polynésien. Tous les acteurs du football doivent travailler ensemble pour que notre football revive ce qu’il a vécu dans le passé. Il n’y a pas assez de spectateurs aux matchs, malgré nos efforts, on a besoin de la présence des spectateurs et les joueurs aussi. » Propos recueillis par SB / FTF

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